Extraits vidéo – crise ukrainienne

Ci-dessous, vous pouvez profiter d’extraits vidéos (4) issus des quatre entretiens d’experts sur la crise ukrainienne. Les extraits sont également disponibles sous forme de texte.

« Les dépenses militaires russes sont égales au total de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Elles ont progressé extraordinairement rapidement, parce que les armées russes étaient tombées très très bas. Poutine, de ce point de vue là, a commencé à restaurer la puissance militaire russe, qui est loin d’être négligeable. La Russie dépense quatre fois moins que les Etats-Unis pour son budget militaire. Mais technologiquement, au niveau de ses ventes d’armes, y compris vers la Chine, et d’autres pays, elle reste une puissance militaire importante. Elle reste une puissance nucléaire.

Je crois qu’un des éléments qu’il faut absolument souligner, c’est à quel point Poutine se raccroche au nucléaire. On l’a vu au moment de l’affaire de l’Ukraine, dans laquelle il a explicitement joué de la carte nucléaire. D’abord, il a provoqué un exercice nucléaire au moment de l’invasion de la Crimée. Et ça c’était un signal pour les Etats-Unis. Il a ensuite dit qu’il avait considéré la possibilité d’une utilisation du nucléaire, au cas où il y aurait eu une résistance sur la Crimée ou sur l’Ukraine.

Donc c’est un défi grave. Ce n’est pas un retour de la Guerre froide. Mais on est dans une situation qui n’a rien à voir avec la période qui a suivi la chute du mur de Berlin. »

Benoît d’Aboville, Ambassadeur français (e. r.)

« Dennoch glaube ich erstens, dass die Ukraine noch lange nicht so weit ist, NATO-Mitglied zu werden, aus ihrer inneren Verfasstheit und auch aus ihrer militärischen Struktur heraus, obwohl man sagen muss, dass sie sich in Afghanistan und auf dem Balkan an Operationen mit Einheiten beteiligt und „good will“ gezeigt hat.

Aber zweitens weiß man, dass die NATO-Mitgliedschaft der Ukraine für Russland ein rotes Tuch ist, genauso wie die von Georgien. Deswegen haben auch auf dem NATO-Gipfeltreffen in Bukarest im Jahr 2008 die Bundesrepublik, Frankreich und Andere gesagt: So weit sind wir noch nicht.

Nach der jüngsten Entwicklung auf der Krim und in der Ostukraine ist dieses Thema noch sehr viel heißer und relevanter geworden. Und ich glaube, dass es weder der NATO, weder unseren Staaten noch der Ukraine nützt, hier Schritte zu unternehmen, die auf russischer Seite eine noch größere Gereiztheit hervorrufen könnte, die sich dann auch weiter militärisch auswirkt. »

Gebhardt von Moltke, Ambassadeur allemand (e. r.)

« Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée pendant quelques années, il y avait pas mal d’interrogations sur l’identité nationale russe. Qu’est-ce que l’identité nationale russe ? Est-ce que l’on revient à l’identité russe dans la tradition slavophile (Nous sommes un peuple slave orthodoxe, etc.), ou est-ce que l’on doit conserver l’empire, ce qui dans ce cas, implique d’avoir une idéologie fondée plus sur la loyauté. La loyauté vis-à-vis du centre de l’empire. Donc ce qui a été décidé, c’est de conserver l’empire.

Le problème de l’empire est qu’il n’a pas de frontières précises. L’empire est donc à la fois fort mais également très fragile. Si un morceau de l’empire se détache, il peut y avoir un effet domino désastreux et l’empire peut éclater. On a vu d’autres exemple, l’empire ottoman, l’empire austro-hongrois. Or la Russie ne peut pas se permettre cela et doit prévenir ces tendances centrifuges, au Caucase du Nord et au Tatarstan. Vous vous rappelez que dans les années 1990, non seulement la Tchétchénie, qui échappait déjà entièrement au contrôle russe, mais aussi les Républiques de la Volga, comme le Tatarstan, le Bachkortostan, qui sont riches de leurs propres ressources agissaient quasiment comme des pays indépendants. Il y avait une représentation du Tatarstan à Paris, qui certes ne s’appelait pas l’ambassade du Tatarstan, mais qui signait des contrats sur l’exploitation des gisements sur le sol du Tatarstan avec des compagnies françaises ou européennes. Donc évidemment la Russie craint l’implosion interne. Par conséquent, pour prévenir cette implosion interne, évidemment il faut repousser au plus loin possible la sphère d’influence. »

Thorniké Gordadzé, ancien ministre d’Etat chargé de l’intégration euro-atlantique de la Géorgie

 « Russland ist im 20. Jahrhundert durch eine Krise nach der anderen gegangen. Und die letzte Krise, die Russland erlebt hat – nicht die letzte seiner Geschichte, aber die jüngste Krise – war 1989/1990. Das hat begonnen vielleicht schon mit der Schaffung der Sowjetunion, aber jedenfalls mit dem Absturz des Ölpreises 1986, als der Ölpreis von dreistelligen Dollarzahlen plötzlich bei acht Dollar landete und das große Imperium in einen gewaltigen – wie mein früherer Kollege Hannes Adomeit es nannte – „imperial overstretch“, in eine imperiale Überdehnung geriet.

Die 1990er Jahre, die für uns im Westen doch Jahre der Zufriedenheit waren – wir haben uns gratuliert, wie fabelhaft wir das alles gemeistert hatten – waren für Russland Jahre der Katastrophe. Und das haben wir zu wenig wahrgenommen.

Kluge Russen haben damals gesagt: Unsere Lage beschreiben wir in zwei Worten: Weimar und Versailles. Und darin lag nicht nur ein erhebliches Maß an Selbsterkenntnis und Selbstmitleid, in dem die Russen natürlich ähnlich wie die Deutschen – noch mehr als die Deutschen – Meister sind. Sondern darin lag auch eine Warnung an den Westen: Auf Weimar und Versailles folgten der Niedergang der Republik, der demokratischen Kultur in Deutschland und dann der Zweite Weltkrieg. Man hätte da hinhören müssen; um noch einmal George Shultz zu zitieren: ein „schwer verwundeter Grizzlybär“.

Wenn alles so zusammenbricht: Das Zarenreich ist zusammengebrochen, die Sowjetunion ist zusammengebrochen. Zwischendurch war der große Vaterländische Krieg, der um Haaresbreite verloren gegangen wäre, ohne das Eingreifen der Amerikaner wahrscheinlich verloren gegangen wäre. Das heißt, ein Land, das in jeder Generation existenzielle Krisen durchgemacht hat, verdient besondere Aufmerksamkeit. Denken Sie immer an Weimar und Versailles! Und es verdient auch eine gesichtswahrende Behandlung in seiner Schwäche. »

Prof. Michael Stürmer, Chefkorrespondent Die WELT